Jeunes et solidaires

Photo : Lionel Georges

Mathilde (à gauche) et Camille (à droite) entourées de Mouayed, Marwa et Mahaz, les trois enfants scolarisés à l'école Champagne et au collège Diderot de Besançon-Planoise.

Étudiants mais aussi bénévoles deux heures par semaine, pour épauler un enfant ou un jeune issu d’un quartier prioritaire… Rencontre avec l’association l’AFEV qui favorise l'engagement des étudiants dans leur ville.

Ils sont quelque 250 jeunes dans le Doubs à avoir rejoint les rangs de l’AFEV, association nationale qui essaime dans les villes universitaires de France depuis 30 ans, pour que les étudiants s’engagent pour leur ville et sur leur campus. « Chaque année, ils s’investissent dans des actions soli­daires, explique Eymeric Minuel, res­ponsable de l’AFEV Doubs. Il ne s’agit pas de professorat à domicile mais de la création d’une relation de confiance qui passe certes par l’aide aux devoirs mais par d’autres échanges : prome­nade au parc, visite de musée, biblio­thèque… Réussir à créer ce binôme-là, c’est le propre de notre action, jusqu’à ce que le jeune aille mieux ».

Suivis un à deux ans par les étudiants

Enfants ou adolescents jusqu’à 18 ans sont orientés vers l’AFEV par les travailleurs sociaux du Département ou par les établissements scolaires quand ces structures estiment « qu’il y a un souci, poursuit Eymeric Minuel. Parfois, ce sont juste des enfants qui sont dans une famille nombreuse et qui ont du mal à trouver leur place, d’autres sont très introvertis, certains arrivent de l’étranger. Ils sont suivis durant un à deux ans par l’un de nos étudiants ».

« Ça me fait évoluer aussi, c’est une responsabilité ! »

C’est le cas de Mathilde, 20 ans, qui encadre ainsi, avec Camille, une autre étudiante, une fratrie de trois enfants, avec l’enthousiasme de la jeunesse. « Je me destine à être orthophoniste, alors m’occuper de jeunes, c’est une évidence. J’ai commencé au premier confinement avec une élève de termi­nale qui était au rattrapage du bac… et qui l’a eu ! Et depuis septembre, avec trois petits originaires du Sou­dan, qui sont scolarisés en primaire à l’école Champagne et au collège Diderot à Besançon-Planoise. On a commencé en visio mais désormais on se retrouve à la médiathèque. Il y a beaucoup de discussions puis les devoirs, bien sûr. Le français est presque acquis et comme ils sont bien motivés, on va vite. On fait aus­si des jeux de société, de la lecture. C’est dommage avec les fermetures actuelles mais sinon, nous irions au musée. En attendant, on les emmène se promener et découvrir le centre-ville, ils aiment bien et nous aussi. C’est vraiment plaisant cet accom­pagnement : ils sont touchants, ils ont vécu des choses compliquées. Et moi, ça me fait évoluer aussi, c’est une responsabilité ! »

Une seconde antenne à Montbéliard

L’AFEV, très active dans les quar­tiers sensibles à Besançon, est sou­tenue par le Département dans le cadre du Contrat de Ville de Grand Besançon Métropole. L’association vient d’ouvrir une seconde antenne à Montbéliard.

Myriam Lemercier, conseillère départementale du canton de Besançon-1

La solidarité est un axe majeur pour le Département du Doubs, l’AFEV ne peut qu’être encouragée et soutenue. Que des étudiants donnent de leur temps est admirable et y associer les familles la clé de la réussite!

Plus d’infos sur l’AFEV : le site pour la Bourgogne-Franche-Comté

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